Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

L'ombre D'au Clair

  • : Au clair de la lyre
  • : Textes littéraires, portraits d'auteurs, critiques de livres, nouvelles, chansons, poèmes, roman, récits de voyages, les publications de votre année de naissance et la rubrique Lu et entendu recemment.
  • Contact

Au clair de la lyre

   

 Photo027.jpg 

 

"Votre âme est un paysage choisi

Que vont charmant masques et bergamasques

Jouant du luth et dansant et quasi

Tristes sous leurs déguisements fantasques"


 

Paul Verlaine, Fêtes galantes.   

   

Rechercher Un Article

fredonner états créer poèmes chansons critiques livres clair courtes l'étagère vidéo nouvelles textes entendus annuaire temps voyages belles l'écriture lecteurs
 
on web on site

A découvrir


                  
        L'actualité du livre en continu


 



         

             Sur les ondes d'Au clair :
 
 

 



 


 

 


 

 

 



  



 Le temps de lire : 
 

 

 

Contact

 

 

 M'écrire

   ajouter aux favoris 

 

 

                                                                

                                                                                                                           

                                                                        
                                                                                                                




               Bienvenue dans ce refuge littéraire,
               Toi, voyageur, explorateur ou simplement égaré,
               Des romans, des poèmes, des nouvelles, des chansons,
               Des auteurs, des chanteurs ou tous autres écrivains…
               Tu te trouves, ici, dans le coeur
               De ceux qui aiment, de ceux qui vivent
               Dans un autre univers, parallèle et nuageux.
               Un monde onirique, imaginaire, fantasmé
               Un espace crée pour continuer de rêver…

                                                

5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 01:25



Un chercheur tombe par  hasard sur le nom de Van Languaert  dans une fiche de bibliothèque, il ne peut résister à l'envie d'en savoir plus  sur ce mystérieux philosophe créateur de la secte des égoïstes.  Il abandonne da thèse et part à sa recherche. Mais le chercheur n'obtient  que des bribes de bibliographie. Toute trace de son passage sur terres semble être oubliée. Pas étonnant pour quelqu'un dont la philosophie consistait à penser que seul lui, créateur du monde qui dépendait uniquement de ses propres volontés, existait. Il se rend donc en Normandie dans l'espoir d'en apprendre plus sur ce personnage énigmatique. Mais le voyage est un échec. Rentré en France, dépité, le chercheur se demande s'il n'a pas rêvé toute cette histoire. Mais, au moment où il s'apprête à abandonner, il trouve un livre chez un bouquiniste qui semble confirmer l'existence du philosophe. Il repart donc pour la Hollande mais là-bas une mystérieuse lettre l'attend : "Vous ne trouverez rien ici mais vous en apprendrez plus en lisant le manuscrit de Champollion au Havre..." Peu à peu le narrateur, déterminé, va regrouper les différentes pièces du puzzle et redonné vie à Van Languaert.



La secte des égoïstes est un cours roman, fantastique (à la lisière du surnaturel si on se réfère à la définition du genre par Tolstoi) contenant beaucoup d'idées, suscitant beaucoup d'interrogations qui donne envie de se plonger dans la philosophie et, surtout, dans la psychologie. Pourtant ce roman n'est jamais ennuyeux toujours haletant en quête de questions  plus que de réponses. Pour mieux faire rêver le lecteur...

Partager cet article

Repost0
22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 15:50


Chaque année, le jour de son anniversaire, un riche homme d'affaires, Henrik Vanger, reçoit une fleur qui lui rappelle la douloureuse disparition de sa nièce, Harriet, quarante ans auparavant. Agé de quatre-vingt-deux ans, l'homme veut tenter une dernière fois l'impossible : retrouver l'assassin de la jeune fille. Sa bouée de sauvetage sera Mickael Blomkvist, un très bon journaliste qui vient pourtant de perdre un procès en diffamation contre un magnat de l'économie. Il va bientôt être rejoint dans sa quête par Lisbeth Salander, une jeune et brillante détective privée associable et très perturbée. Le duo va retracer l'histoire de la famille Vanger, reprendre l'enquête depuis le début pour tenter de trouver l'ultime indice qui leur permettra de résoudre l'affaire.





Si le début du roman est un peu long, le lecteur, une fois passé le cap de l'introduction, sera entrainé au cœur de l'enquête. Il découvrira en même temps que les deux héros les indices accumulés par la police. D'où la force du livre déjà servi par des personnages hauts en couleurs.  A l'aide de schémas, de témoignages glanés au hasard des rencontres, le lecteur accompagne les enquêteurs en herbe et se surprend à vouloir être le premier à trouver l'indice décisif. Difficile après cette belle aventure de quitter des personnages si attachants. Heureusement, les deux autres tomes, Millénium 2 : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, Millénium 3 : La reine dans le palais des courants d'air -tout un programme-, permettront de retrouver l'univers de Stieg Larsson, auteur de la trilogie, journaliste économique et rédacteur en chef de la revue suédoise Expo, mort juste après avoir livré les manuscrits à son éditeur.

Et une très bonne critique des deux autres tomes sur Rêver de nouveau

Partager cet article

Repost0
15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 12:31




Jacques Vingtras est fouetté tous les jours à la même heure. Il ne dit rien parce qu'il sait que c'est pour son bien. Sa mère ne le fait pas par plaisir mais par nécessité. Il en souffre, bien sur, mais se plie aux habitudes familiales. Que pourrait-il faire d'autre d'ailleurs ?  L'enfant dépeint son quotidien morose, entre une mère tyrannique et un père à la fois passif et aigri, de ses cinq jusqu'à son adolescence. Derrière ce récit poignant se cache le malaise de l'auteur, Jules Vallès, narrateur d'une autobiographie a peine voilée, qui décrit avec beaucoup de justesse et de finesse l'engrenage dans lequel il a mis le doigt bien malgré lui dès sa naissance. Enfant impuissant face à ce qui lui arrive, sa seule arme est son regard et son silence. Car ses parents ne tolèrent aucun écart de conduite. Leur fils doit être digne d'eux qui se sont donnés tant de mal pour y arriver : Le père de Jacques Vingtras a gravi petit à petit, dans la douleur, les échelons pour passer de surveillant, obligé de se plier aux quatre volontés de ses supérieurs d'une classe plus élevé que la sienne, à enseignant du secondaire. Le lecteur assiste donc à toute une partie de l'histoire du 19ème siècle à travers l'espoir d'ascension social que pouvait alors représenter l'enseignement pour les ouvriers. Mais Jacques Vingtras, ne partage pas les valeurs de son père. Lui, témoin de ce combat, de tous les efforts fournis par son père pour intégrer une classe sociale qui n'a de cesse pourtant de le railler et de l'humilier, écœuré par ses hypocrisies, ne veut pas de ce monde là. Lui, ne veut pas de cette ascension sociale, de cette société ultra hiérarchisé de la grande bourgeoisie et ne rêve qu'à une vie, plus vraie, plus simple, d'agriculteur. Son combat, à venir, celui que l'on peut découvrir dans les deux autres livres qui constituent la trilogie (Le Bachelier et L'Insurgé) défendra cette cause, celle des ouvriers. Mais encore faudra-t-il qu'il parvienne à se libérer du joug familial, pour enfin livrer ses propres batailles.

 

Pour en apprendre plus sur l'homme :

Julesvalles.com

Partager cet article

Repost0
18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 09:00




Un drôle de bonhomme avec son complet et son chapeau blanc. Et ce regard plein de malice... En le regardant, je me rends compte à quel point le visage d'un homme peut en dire long sur lui. Et, étrangement, la couverture du seul livre que j'ai lu de lui, Moi, Charlotte Simmons,  est très ressemblante mais, plus encore, l'histoire développée dans ce livre semble s'expliquer dans l'expression  de ce visage.

                                        

Ce récit se déroule au sein  d'un campus américain. L'héroïne éponyme est une jeune provinciale ayant reçu une éducation stricte qui a obtenu de très bons résultats scolaires. On l'envoie donc dans un des campus américain les plus réputés.  Lâchée  dans ce nouvel univers qui n'a rien à voir avec ce qu'elle a connu jusqu'ici, elle va découvrir un lieu débridé, une véritable jungle dans laquelle le basket-ball, auquel elle ne connaît rien, règne en maitre. Alors qu'elle s'attendait à trouver l'élite des Etats-Unis, elle découvre des étudiants fêtards qui ne sont pas là pour travailler mais pour ajouter une ligne à leur cv qui ouvrira les portes de la haute société. Son petit monde va imploser et elle va devoir remettre en cause toutes les valeurs sur lesquelles elle se reposait. Ici, les joueurs de basket ne sont pas obligés de suivre les cours, on leur attribue des notes qui n'ont rien à voir avec leur niveau, et les bons élèves doivent être constamment au service de ces futurs stars. Le lecteur découvre également les soirées arrosées de ces adolescents débridés. Il s'amuse de voir Virginia complètement déboussolé dans ce monde dépravé et a envie de la réveiller quand elle plonge entre les griffes de ceux qui n'ont aucune pitié pour elle.  

Tom Wolfe nous montre avec justesse, sensibilité et recul les travers de la bonne société américaine. Nous, nous découvrons et comprenons mieux le fonctionnement de cette société devenue ultra libérale.

Bref, émoustillée par ce roman plein d'intelligence, je brule de découvrir le reste de l'œuvre de cet auteur. .. Pour vous raconter la suite !

Partager cet article

Repost0
16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 09:00




J'ai découvert un autre Victor Hugo. Après avoir lu Les Misérables puis La Légende des siècles, j'espérais en apprendre encore plus  sur le poète mais aussi sur l'homme. Car si dans cette œuvre il explore la conscience de l'être humain par le prisme de la bible,  j'imaginais que les Contemplations seraient plus concrètes et nous livreraient, en partie, la vision du monde de Victor Hugo. Je ne fus  pas déçue mais très étonnée et un peu perplexe. Car si les premiers poèmes retracent l'entrée dans la vie amoureuse du poète -La partie  intitulée Autrefois-, très vite, celui-ci commence à nous offrir un point de vue pour le moins étonnant des origines du monde  et de sa propre foi en Dieu. Ainsi, dans un poème intitulé Magnitudo Parvi, III, 30 , pièce charnière du recueil, Victor Hugo relate une soirée passée avec  sa fille. Et le lecteur comprend, à ce moment là, que son humanisme découle directement de cette foi. Mais le plus important, à mon sens, reste son immense ferveur comme si la croyance en Dieu, et, à travers elle, la mission de guide qui incombe au poète , presque de messie, n'était plus que sa seule raison de vivre. Car, comme Baudelaire et la plupart des poètes du 19ème siècle, Victor Hugo pense que le poète est un visionnaire qui se doit d'éclairer les hommes qui, eux, ne peuvent ni voir au-delà des éléments, ni concevoir l'image de Dieu à travers tout ce qui compose la nature et qui nous entoure. Victor Hugo était donc partagé entre l'animisme et l'image d'un Dieu tout puissant-la plus répandue encore de nos jours-, sorte d'icone paternelle, pour qui l'homme, et surtout les drames des hommes ne seraient qu'insignifiance, un atome à l'intérieur d'un projet beaucoup plus vaste qu'aucun être humain ne serait pas à mène de comprendre. Voilà comment ce grand poète parvint à surmonter l'épreuve de la mort de Léopoldine, sa fille adorée. Car ce recueil, c'est l'amère constat d'un homme ravagé par la douleur : Victor Hugo, et c'est ce que j'ai retenu de ce  merveilleux recueil, avec toute sa fragilité de poète sans cesse torturé par l'âpreté de la vie, malgré l'intime conviction de l'existence de Dieu, dut faire face, comme tout un chacun, à la mort : l'élu se retrouva aussi nu et démuni que n'importe quel homme devant l'impitoyable faucheuse. De cette blessure narcissique il restera ce recueil de poèmes amers écris par un homme déçu par la vie, désenchanté qui semble ne plus croire que par désespoir et qui n'attend plus que de savoir, si tout ça en vaut la peine, si Dieu est vraiment bon...  

Partager cet article

Repost0
30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 10:00
une-banale-histoire.jpg

Un vieil homme, médecin et enseignant dans une université, qui vit en Russie dans les années 1870, grand conseiller secret, sait qu’il n’en a plus pour longtemps. Il nous confie son histoire, décrit sa vie. En commençant par sa famille : sa femme qui, chaque matin, lui rend visite et serine les mêmes histoires, son fils, élève officier à qui ils envoient tous les mois 150 roupies pour compléter sa maigre soldes, sa fille, inscrite au conservatoire à qui il faut offrir un train de vie digne de son nouveau rang. Mais, malgré sa position sociale, Nicolaï Stepanovitch a du mal à joindre les deux bouts. Si cette situation inquiète sa femme, lui, est complètement indifférent aux problèmes que rencontre sa famille. Car, il se sent désormais étranger à l’image d’aristocrate qu’elle lui renvoie.
Et puis il y’a Katia. Une jeune fille que le narrateur a recueilli quand elle était encore enfant. Joyeuse, confiante et très complice avec son père adoptif. Lorsque, passionnée de théâtre, elle décide de devenir actrice, il est contre mais ne dit rien et la laisse partir pour Oufa (sud-est de la Russie occidentale). Si, au départ, les lettres qu’elle lui envoie semblent montrer qu’elle est heureuse, bien vite, elle devient plus amère et finit par revenir quatre ans plus tard, après une tentative de suicide. Elle n’a plus aucune illusion sur la vie et se tourne vers le cynisme et l’oisiveté. Lui, qui porte désormais un regard noir sur sa vie, tente de se révolter contre sa vieillesse. De plus en plus souvent, il se réfugie chez elle mais, face à ses désillusions, il ne sait comment réagir et reste impuissant.
 
Une histoire pas si banale que ça, un roman qui évoque la tristesse d’un homme vieillissant qui a conscience de ne plus appartenir au présent. Il voit le monde tourné autour de lui. Non seulement il ne le comprend plus mais il ne peut plus non plus intervenir. Devenu presque invisible aux yeux de tous, il regardera, impuissant, l’unique objet de son amour, la seule pour qui il compte encore, disparaître sous ses yeux. Et pourtant…Le lecteur ne peut s’empêcher de penser que cet amour impossible n’a pas été vain. Car le vieil homme n’a-t-il pas ainsi donné un sens à sa vie ? N’a-t-il pas gagné ainsi le droit de s’éteindre en paix ? 

Partager cet article

Repost0
23 novembre 2007 5 23 /11 /novembre /2007 08:00
chagrin-d-ecole.jpg


Ma mère, ce matin, m’a fait une surprise : elle sort de son sac le dernier Pennac, Chagrin d’école. Est-ce un clin d’œil à mon passé tumultueux d’élève en éternelle perdition? Bien évidemment, comme toute adepte invétérée d’un auteur, je me jette dessus. Sur la quatrième de couverture plus exactement. Et là, je tombe sur le bulletin de notes de Daniel Pennacchioni. Pas mal. Je n’aurais jamais pensé... Alors, lui aussi…Et puis, soudain, reviennent beaucoup de souvenirs. Ils déboulent sans prévenir et s’imposent, en nombre, accompagnant chaque mot du livre. Car chacun à les siens. Ils restent gravés dans la mémoire près à ressurgir dès que notre passé est évoqué. Daniel Pennac, immanquablement, les réveille. Des bons d’abord : une prof de math en sixième, la dernière à avoir imaginé pouvoir faire quelque chose de mon esprit débridé. Pragmatique, devant notre mutisme, elle avait enlevé de son vocabulaire les a, b, x, y, et autres lettres orphelines pour ne compter qu’en bonbons. En déménageant, cette année-là, je tombais dans une classe de redoublants. Un autre monde, des personnalités riches et une porte dérobée vers un univers où régnait amertume, désespoir et cynisme. Car les cancres sont souvent lucides et détachés, par là-même, du monde qu’on leur propose et qui n’est pas pour eux. Mon prof de math aussi avait changé. Celui-là lançait des craies sur les élèves qui n’écoutaient pas. Craies qui échouaient parfois aussi sur les rares élèves interpellés par ce pantin gesticulant qui semblait plus être devant un stand de tir que dans une salle de classe. Et quand il manquait de munitions, il prenait les tampons. Il en gardait plusieurs, en réserve, près du tableau noir. En quatrième, je suis tombé sur un dépressif qui dictait ses cours, usés par des années de récitations, avec le ton de quelqu’un qui allait se pendre. En troisième, c’était une hystérique. En seconde, apparemment, il avait des difficultés avec les maths. A chaque cours, il remplissait le tableau afin de résoudre une équation, se perdait visiblement dans ses calculs, puis, excédé, finissait toujours par dire : « puisque vous faites du bruit, j’efface, tant pis pour vous ! ». En première, le prof de math a passé l’année en tête à tête avec son tableau. Il était le seul à comprendre ce qu’il écrivait. Il avait un beau sourire, de magnifiques yeux bleus et nous avons passé notre année à essayer de le soudoyer. Notre jeu préféré : lui montrer l’étendue de notre incompétence en matière de mathématique. Il était outré mais, heureusement il gardait son beau sourire. Et nous remarquait enfin. Car, il me semble que c’est là un des problèmes de l’éducation. Les enseignants ont pour objectif de nous apprendre pleins de belles choses et les élèves, les cancres surtout parce que les autres, les élèves friandises, comme l’écrit Pennac, n’ont de toute façon jamais aucun problème. Avec le plus grand sérieux, voire même -encore pire- avec un sourire figé, un naturel déconcertant, ils récitent leurs leçons comme s’ils l’avaient toujours su.  Mais le cancre, lui, ce qu’il veut, c’est se faire remarquer. Et tout est bon. Et plus les profs s’énervent, plus c’est drôle. Les pôôôvres ! Même s’il y’en a qui semblaient tout faire pour. Je ne sais pas comment ça se passe maintenant dans les écoles mais j’ai vu beaucoup de spécimens. Comme mon prof d’histoire, en seconde, qui faisait ses cours d’histoire-géo en catalan. Ou ce prof d’anglais qui ne savait pas parler anglais et que l’assistant n’arrivait jamais à comprendre. Comment voulez-vous faire des progrès quand vous l’avez trois ans de suite ? Pourtant, étonnement, j’ai un bon souvenir d’eux. Parce qu’ils étaient très humains. Il y’avait des échanges, ils étaient là. Et, pour ça, je les remercie tous de nous avoir accordé du temps, de l’énergie (et il en fallait !), bref, de nous avoir supportés. Bons ou moins bons, à défaut de nous transmettre une culture suffisante, ils nous ont beaucoup appris sur nous-même et sur les autres. La preuve : cette nostalgie qui nous accompagnent tous, tout au long de la vie. En revanche, d’autres enseignants m’ont abandonné à mon état de cancre. Souvent de bons enseignants, très calés dans leur matière mais piètres pédagogues. Ceux-là ont fait un premier contrôle puis m’ont oublié au fond de la classe. Aucun de mes chahuts d’enfant n’a suffi à attirer leur attention. Cataloguée mauvaise élève, je n’avais aucune chance puisqu’à leurs yeux, je n’existais plus. 
 
Mais pourquoi Daniel Pennac a t’il écrit ce livre ? Nostalgie de prof ? Nostalgie d’élève ? Un peu des deux ? Une chose est sûre : son livre parle avant tout d’humanité, d’amour. Celui qui relie les hommes entre eux, celui qui peut manquer cruellement au cancre.
Daniel Pennac raconte son enfance, tente de comprendre, peut-être pour mieux cicatriser ses blessures d’enfant. Puis, il s’interroge. Comment a-t-il pu sortir de ce marasme pour devenir à son tour professeur. Quels sont ceux qui lui ont donné cette chance, qui ont crus en lui ?
Devenu enseignant, passé de l’autre coté de la barrière, comment en sauver d’autres tout en transmettant cet amour de la littérature ? Pas si facile. La mission est périlleuse, le serpent se mord facilement la queue.  Alors, il faut de nouveau s’imaginer cancre, quitte à replonger dans ses souffrances, pour mieux appréhender celle de ses élèves. Pas si facile. Pourtant le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ? Quand on repense à tous ces Maximilien, nom donné par l’auteur à tout cancre patenté, qui cachent leur fragilité derrière leur masque de mauvais élève, est-ce que ça ne vaut pas le coup de les aider à le faire tomber, à croire en eux. La frontière est ténue, finalement, entre l’élève friandise et le petit braqueur de coffre. Une image de soi, de ceux qu’on aime de ceux qui nous entourent. Une certaine idée de l’autre, de l’amour ? 
Je vous le disais, ce livre est profondément humain, un concentré de poésie, de tendresse, sensible, drôle, moderne (je n’aurai pas cru qu’il serait à la pointe du vocabulaire djeun’s avec l’utilisation de mots comme bollos par exemple), fidèle à ce que sont les romans de cet auteur qui ne nous plonge pas seulement dans la passé mais aussi dans un avenir qui nous parle non plus seulement d’argent, de nouvelles technologies et de marchés, mais de sentiments et de livres. Le paradis !

                               pennac.jpg
Et le prix Renaudot ? J’ai entendu quelqu’un -un membre du jury ?- dire que Daniel Pennac aura au moins une fois reçu un prix. Quel espoir pour les cancres passés et à venir ! Je serais tenté de leur dire qu’heureusement, aucune situation n’est figée. Mais c’est vrai que depuis le temps que Daniel Pennac en parle. Avec Merci, on aura bien compris. Il en avait tellement envie de son prix ! Alors, j’en profite, comme apparemment, il n’était même pas à la cérémonie –ah, l’esprit du cancre, quand il vous tient…- pour retranscrire un petit passage –le début- de cette pièce de théâtre :
« Nous sommes au théâtre, lui sur la scène, nous dans la salle.
Quand le rideau s’ouvre, il apparaît, de dos, à contre-jour, face à une autre salle qui nous fait vis-à-vis et qui l’applaudit à tout rompre. On le voit, ombre chinoise découpée dans le halo éblouissant des projecteurs. Il remercie l’autre salle qui l’ovationne.
            Il crie :
 
            -Merci ! »
 
Et je ne résiste pas à l’envie de mettre un autre extrait, tiré cette fois de Chagrin d’école, encore mieux que le bulletin, qui, à lui seul, montre que ce prix est amplement mérité :
« -En fait, tu as merdé, ce soir-là, avec Maximilien ! Trop furieux, peut-être, ou trop peureux, ça t’arrive à toi aussi d’avoir peur, particulièrement quand tu es fatigué. Tu sais très bien qu’il fallait prendre ce gars par le bras, l’amener chez toi, l’aider à faire son explication de texte, et discuter avec lui si nécessaire, quitte à l’engueuler, mais après avoir fait le devoir ! Répondre à la demande, c’était ça, l’urgence, puisque, par chance, il y’avait une demande ! Mal formulée ? D’accord ! Intéressée ? Toutes les demandes sont intéressées, tu le sais très bien ! C’est ton boulot de transformer l’intérêt calculé en intérêt pour le texte ! Mais plaquer Maximilien sur ce trottoir pour rentrer chez toi comme tu l’as fait, c’était laisser debout le mur qui vous sépare. Le consolider, même ! Il y’a une fable de la Fontaine là-dessus. Veux-tu que je te la récite ? Tu y joues le rôle principal !
 
                            L’enfant et le maître d’école
 
Dans ce récit je prétends faire voir
D'un certain sot la remontrance vaine.
Un jeune enfant dans l'eau se laissa choir
En badinant sur les bords de la Seine.
Le ciel permit qu'un saule se trouva,
Dont le branchage, après Dieu, le sauva.
S'étant pris, dis-je, aux branches de ce saule,
Par cet endroit passe un maître d'école;
L'enfant lui crie: « Au secours! je péris.
Le magister, se tournant à ses cris,
D'un ton fort grave à contretemps s'avise
De le tancer : «Ah! le petit babouin !
Voyez, dit-il, où l'a mis sa sottise !
Et puis, prenez de tels fripons le soin.
Que les parents sont malheureux qu'il faille
Toujours veiller à semblable canaille !
Qu'ils ont de maux ! et que je plains leur sort !»
Ayant tout dit, il mit l'enfant à bord.
Je blâme ici plus de gens qu'on ne pense.
Tout babillard, tout censeur, tout pédant
Se peut connaître au discours que j'avance.
Chacun des trois fait un peuple fort grand :
Le Créateur en a béni l'engeance.
En toute affaire ils ne font que songer
     Aux moyens d'exercer leur langue.
Eh! mon ami, tire-moi de danger,
     Tu feras après ta harangue. »
 
Bravo et encore merci à Daniel Pennac pour ce qu’il nous offre.
 
                                           

Partager cet article

Repost0
5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 15:59
Je, Francois Villon de Jean Teulé .jpg


Qui était François Villon ? Un poète qui a passé l’essentiel de sa vie en prison ?
La vie de cet homme, né le jour de la mort de Jeanne d’Arc, d’un père pendu juste avant sa naissance et d’une mère qui sera, un peu plus tard, enterrée vivante, fut pourtant très riche et révélatrice d’un siècle habité par la terreur et hanté par la mort.
  François Villon, désormais orphelin, est adopté par un religieux qui va l’aimer comme un fils. Mais cet amour ne suffit pas à endiguer l’amertume du poète encore habité par les évènements qu’il a vécu dans son enfance. En constante opposition avec la société, piètre bachelier, gamin rebelle, il parvient quand même à décrocher une maîtrise es arts. Ayant terminé ses études, désoeuvré, il s’encanaille dans les bas fonds de la capitale. Il finit par croiser les Coquillards, appelés aussi les écorcheurs, de cruels bandits qui sèment la désolation autour d’eux. Délaissant son premier véritable amour, Isabelle de Bruyère, la sacrifiant à la confrérie, Jean Villon s’initie alors à leur langage, imagé et codé, pour l’utiliser dans ses poèmes. Son père adoptif, conscient des risques qu’il prend en fréquentant ses brigands et pour l’éloigner de la vie dépravé qu’il mène à Paris, tente de l’éloigner et lui trouve une place de poète à la cour du roi René à Angers. Mais très vite, Jean Villon, qui ne se sent pas à sa place dans son rôle de bouffon, fuit cette cour. Il repart donc sur les routes et vole pour survivre. A la dérive, seul, il finit par se faire arrêté. Emprisonné, il est torturé par des geôliers trop heureux d’avoir attrapé celui qui est devenu une légende pour les parisiens. Libéré au bout de quelques mois, accablé, effrayé par ce qu’il est devenu, il repart sur les routes… 
 



Ce livre est envoûtant. Transporté dans ce quinzième siècle encore moyenâgeux, on se surprend à plaindre ce pauvre François Villon qui, au départ, n’est qu’un gamin comme tant comme tant d’autres, comme ceux qu’on rencontre tous les jours dans notre société moderne. Puis on suit sa descente aux enfers tout en sachant qu’elle est inévitable. Et, bien sûr, dès que l’histoire est terminée, le livre refermé, on se précipite sur une encyclopédie, histoire d’en savoir plus, de savoir quelle est la part de vérité de ce livre. Alors, en découvrant que la vie de François Villon a été fidèlement retracée, malgré le peu d’éléments biographique à notre disposition, l’envie de découvrir l’œuvre de ce poète au destin tragique devient incontournable.
 


Pour en savoir plus : Wikipédia 

Partager cet article

Repost0
2 juillet 2007 1 02 /07 /juillet /2007 20:20
 
                                              
 
 

Virginie Latour est une bibliothécaire qui ne semble pas particulièrement passionnée par son travail. Depuis quelques jours elle est détachée auprès d’Akira Kumo pour inventorier l’ensemble de ses ouvrages. Celui-ci, d’origine japonaise, est un grand couturier qui a constitué plusieurs collections d’objets divers. Mais, systématiquement, il s’en débarrasse pour aussitôt changer de passion. La dernière concerne les nuages. Pendant que Virginie Latour trie les livres, Akira Kumo lui raconte l’histoire de l’inventeur de la première classification des nuages et de ces grands savants qui ont fait l’histoire de la météorologie. Mais, petit à petit, les deux personnages tissent des liens, s’attachent l’un à l’autre. Akira, peu à peu, confie sa propre histoire à Virginie et elle-même confie sa vie aux nuages.
 

 
Un livre poétique écrit pour les rêveurs qui aiment se laisser bercer par les belles histoires au coin de l’âtre. Une belle amitié aussi entre deux personnages aux cœurs tendres, abîmés par la vie, qui ont chacun un lourd passé qu’on devine ou découvre au fil des pages. Des blessures qu’on voudrait apaiser, des personnages qu’on ne veut plus quitter, un roman humaniste à garder au fond de son cœur.    
 
 

Partager cet article

Repost0
12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 10:00
                                     
          
La petite fille et la cigarette est le deuxième opus d’une trilogie. Le premier s’intitule Service clientèle et le dernier, Chemin de fer (il sortira fin août en librairie). Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site (très complet) de l’auteur : Duteurte.com
 
Un livre coup de gueule dans lequel l’auteur a mis en scène un personnage qui revendique le droit à la liberté de vivre comme il l’entend. Ce dernier, un quadragénaire parmi d’autres, s’insurge contre tout ce qui, sous prétexte de protéger les citoyens (et surtout leurs enfants), prive chacun (et d’abord l’adulte) de sa propre liberté.
Le cauchemar du narrateur, homme anonyme parmi d’autres, ce sont les enfants. Devenus le centre d’attention principal, toute la ville s’organise autour d’eux et de leurs droits toujours plus nombreux. La ville, peu à peu, se transforme pour s’adapter à eux en envahissant, toujours plus, l’univers tranquille du narrateur : le maire de sa ville (portrait à peine voilée de l’actuel maire de Paris, Bertrand Delanoë) crée une garderie au milieu des bureaux des fonctionnaires, ces derniers ne peuvent plus fumer dans les locaux. L’homme encaisse, se réfugie dès que possible chez lui, un cocon, dans lequel il peut vivre sereinement, à l’abri des règles de la société avec sa femme Latifa. Jusqu’au jour où celui-ci se fait surprendre par une petite fille dans les toilettes de son lieu de travail en train de fumer une cigarette. L’homme pense pouvoir s’en tirer en avouant tout mais, très vite, l’affaire s’emballe et le narrateur se retrouve accusé de pédophilie ou plutôt, dans cet univers asceptisé, de "crime contre l'enfance".


 

Benoît Duteurtre est un romancier qui utilise beaucoup l’actualité dans ses romans (entre autres, Tout doit disparaître, Drôle de temps -avec un avant-propos de Milan Kundera-, La Rebelle, L’opérette en France, Le Grand embouteillage, Chemins de fer… ) pour explorer le monde contemporain et ses modes de fonctionnements. Ici, tout y passe : les thèmes de l’enfant roi, de l’écologie, de l’interdiction de fumer et, plus généralement, de l’infantilisation des adultes en proie à des règles de plus en plus nombreuses qui annihilent leur propre liberté de vivre et, surtout, de penser. En effet, l’Homme d’aujourd’hui voue un véritable culte à la jeunesse, veut à tout prix rajeunir. Dans ce contexte, quel est l’avenir de notre société ? L’auteur, grâce à plusieurs exemples donne une version de ce que pourrait devenir notre société. Elle est extrême et permet par là même de se poser les bonnes questions, de s’interroger et de remettre en questions nos choix de vie. Alors que nous venons de choisir un nouveau président (à noter que le chien du narrateur anonyme s’appelle Sarko…) et en ces temps de choix électoraux, il n’est pas inutile de réfléchir à ces choix de société et d’être prévenu de ce que ça pourrait donner.

A bon entendeur…

Partager cet article

Repost0