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L'ombre D'au Clair

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Au clair de la lyre

   

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"Votre âme est un paysage choisi

Que vont charmant masques et bergamasques

Jouant du luth et dansant et quasi

Tristes sous leurs déguisements fantasques"


 

Paul Verlaine, Fêtes galantes.   

   

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               Bienvenue dans ce refuge littéraire,
               Toi, voyageur, explorateur ou simplement égaré,
               Des romans, des poèmes, des nouvelles, des chansons,
               Des auteurs, des chanteurs ou tous autres écrivains…
               Tu te trouves, ici, dans le coeur
               De ceux qui aiment, de ceux qui vivent
               Dans un autre univers, parallèle et nuageux.
               Un monde onirique, imaginaire, fantasmé
               Un espace crée pour continuer de rêver…

                                                

22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 14:41




Mais pour cela, il fallait être exigeant. Beaucoup plus exigeant. Avec lui-même mais aussi avec sa femme et ses enfants. Parce que, il arrivait souvent qu'il soit obligé de sortir en famille. Et c'était un calvaire ! Une peur panique le prenait au ventre, avant de sortir, quand il regardait sa femme et ses enfants. Il y'en avait toujours un de mal habillé, de mal coiffé. Et qu'allait-il dire encore comme bêtise devant tout le monde ? Lorsque le petit dernier, l'autre jour, avait dit à leur hôtesse : « Moi, ça fait longtemps que je me suis pas lavé les cheveux ! », il avait pali puis bredouillé une excuse lamentable tout en essayant de garder un sourire plausible devant les bonnes blagues de son fils. 

Il commença donc par engager une baby-sitter, une charmante jeune femme qui énervait son épouse mais que les enfants semblaient adoré. Puis il demanda à sa femme de faire des efforts, de mieux s'habiller, de se maquiller davantage. Elle le prit mal... Lui, essaya de lui expliquer son point de vue. Malheureusement il s'enfonça dangereusement dans d'obscures explications qui portaient principalement sur son désir de paraître aussi bien que les autres qui, semblait-il, s'approchaient davantage de ce qu'il appelait la perfection.

Ce soir là, il dormit tout seul. Enervé, il passa sa soirée à ranger sa maison qui pour le coup paraissait presque parfaite. Elle, de son coté, se confectionna un magistral plateau télé pour oublier sa soirée.

Quelques mois plus tard il se sépara enfin de sa femme, qui s'était avéré décevante et qui n'avait rien compris à ses problèmes. Il s'installa chez sa jeune baby-sitter et dut en trouver une autre pour sortir le week-end avec sa nouvelle compagne. Malheureusement, ce changement ne fut pas aussi facile à faire passer auprès de ses amis qu'il le pensait : tous demandaient des nouvelles de sa femme. Les regards désapprobateurs le firent douter de ses choix. Mais il pensa qu'avec le temps, ses amis remplaceraient vite l'image de sa femme par celle de la charmante et polie jeune fille qui l'accompagnait.

Il approchait donc de la perfection. Il avait éliminé le problème enfants, le problème femme. Mais il en restait un. Et de taille. Le regard des autres. Parce que Greg avait beau se donner du mal pour apparaître comme un homme parfait, lui n'arrivait pas à s'en persuader... Il continuait à se battre pour cacher ses troubles compulsifs qui l'envahissait chaque jour un peu plus. Car maintenant, non seulement il passait plus d'une heure chaque matin dans sa salle de bain mais en plus, un nouveau trouble était apparu : plusieurs fois par jour, il se retournait parce qu'il avait la sensation qu'on se moquait de lui.

Enervé, ne sachant plus vers qui se tourner, ne trouvant aucune aide auprès de sa jolie baby-sitter, il la quitta. La journée, il tentait de donner le change auprès de ses collègues et de sa famille. Il expliquait la présence de cernes sur son beau visage par l'inquiétude du père qui voit trop peu ses enfants. Mais le soir, dès qu'il passait le seuil de son petit deux pièces, il s'effondrait machinalement sur son canapé en cuir.

Il essaya bien de se rapprocher de sa femme mais celle-ci le jeta à la porte de sa maison en lui rappelant qu'elle n'était pas assez belle pour lui. Il continua tout seul, à passer ses matinées dans sa salle de bain et ses soirées à pleurer sur son canapé.

Mais le mal ne fit qu'empirer. Bientôt, envahi par le stress de ne pas parvenir à atteindre la perfection, des rictus, aux yeux puis sur les lèvres enlaidirent son visage déjà abimé par les cernes. Cela eut pour effet de faire fuir ses anciens amis effrayé par cette apparence disgracieuse qui l'amenait à davantage ressembler à un mendiant qu'à un riche trader.

Ses enfants aussi se détournèrent de lui. Eux qui ne le voyaient plus beaucoup ne purent accepter que leur père change autant. Maintenant il leur faisait peur. Greg en avait conscience et c'est ce qui le blessa le plus : que ses collègues ou anciens amis se détournent de lui à cause de son apparence le choquait mais sa famille, le sang de son sang !

Le sang de son sang, pensait-il en observant, un matin, son miroir...  Soudain, il arracha des deux mains le miroir et le jeta violemment contre le mur. Il attrapa un bout de verre tombé dans le lavabo puis se déchira les bras, les jambes et le cou. Il resta inerte plusieurs heures avant de se réveiller dans une mare de sang. Sa femme au-dessus de lui.

« Tu ne te souviens pas ? Tu m'as appelé tout à l'heure, tu m'as juste dit : Lise, au secours... »

Sa femme était là, à coté de plusieurs pompiers qui essayaient, tant bien que mal, d'arrêter l'hémorragie.

Le jour où il quitta l'hôpital Greg savait qu'il avait perdu son travail, ses collègues et ses amis. Mais il était heureux...

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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 20:25




Greg était un homme qui avait toujours tout réussi. Enfant brillant, à quatre ans il épatait déjà ses parents en leur lisant la page société du Monde. A neuf ans il avait un an d'avance et s'apprêtait à rentrer au collège. Après avoir fréquenté les meilleures classes, latinistes, hellénistiques ou européennes, il intégra une école préparatoire qui lui permit de passer un diplôme en économie puis de trouver, en même temps qu'il achevait ses études, un travail de trader. Non seulement ce garçon était intelligent mais il avait aussi la chance de ceux à qui tout réussi. Ses amis s'accordaient à dire que tout ce qu'il touchait se transformait en or et nombreux étaient ceux qui tentaient de faire affaire avec lui dans l'espoir secret de ramasser le gros lot.

On aurait pu penser qu'il y'aurait un revers de la médaille, une vie amoureuse difficile à mener, des choix à faire entre carrière professionnelle et vie privée. Mais pas du tout : Greg tomba amoureux d'une fille charmante à l'âge de dix-sept ans. Elle s'engagea corps et âme à ses cotés. Il lui fit rapidement trois beaux enfants, ils achetèrent une grande maison provinciale et, deux ans plus tard, y ajoutèrent dans le jardin une fabuleuse piscine entourée de palmiers fraichement amenés par leur paysagiste.


Pourtant un nuage noir et menaçant  planait au-dessus de la tête de Greg et de sa famille. Car l'homme, aspirant notable, qui fréquentait de plus en plus la petite et la grande bourgeoisie, avait une idée en tête. Une idée qui avait germée il y'a bien longtemps, alors qu'il était encore sur les bancs de la fac. Une idée, ou un rêve, qu'il avait caressé secrètement, tous les jours, un rêve qui l'avait aidé à tenir durant les périodes de vaches maigres, les examens, les inévitables coups de blues. Un rêve  extraordinaire, presque fou, mais dont l'idée même le rendait ivre de joie, le bouleversait, le transcendait ! Il voulait devenir un homme parfait !

En entrant à l'école à quatre ans, il avait découvert deux choses : à quel point une cour de récréation pouvait être le théâtre de la cruauté, de la bêtise humaine et le pouvoir du regard de l'autre. Ce regard, ce terrible regard qui en un coup d'œil vous jaugeait puis, en un quart de seconde, vous jugeait définitivement star de la cour ou looser indécrottable. Ce regard qui, si vous enfiliez une chaussette rouge avec une chaussette jaune un matin de réveil difficile, vous valait des huées et un bannissement qui pouvait même devenir définitif. Ce regard là, tous les matins, Greg en avait eu peur. Au point de paraître toujours irréprochable. Ainsi, chaque matin, il passait trois quart d'heure dans la salle de bain à vérifier la moindre mèche de cheveu, le moindre pan de chemise qui aurait pu dépasser du pantalon ou l'invasion nocturne d'un bouton d'acné ou d'un point noir qu'il faudrait immédiatement faire disparaître. Cette peur du regard des autres finit par lui créer des troubles obsessionnels compulsifs. Par exemple, il ne pouvait s'empêcher de se regarder dans un miroir six fois par jour. Pas une de plus, pas une de moins. Et s'il ne gérait pas correctement le nombre de ses passages dans un cabinet de toilettes, il restait le reste de la journée paralysé par la peur d'être décoiffé ou mal habillé. Il n'en avait jamais parlé à personne. Même pas à ses deux meilleurs amis. Avant de partir au collège puis au lycée, chaque matin, il élaborait une nouvelle stratégie dans sa salle de bain, pour ne rien montrer de ses problèmes.


Sa femme ne fut pas mise au courant non plus. Elle ignorait tout de ses troubles mais aussi de sa peur du regard des autres. Elle-même ne souffrait pas de ce mal. Elle ne passait pas plus d'une demi-heure dans sa salle de bain, se maquillait occasionnellement et préférait de loin un sourire naturel et un visage ridé à un visage de Barbie ou d'alien déridé. Fille d'agricultrice et fière de l'être, sure de ses choix et de ses idées, elle avait préférée devenir femme au foyer pour profiter de ses enfants et de son mari. Simple mais avisée, elle regardait avec un regard amusé la société qui faisait rêver Greg. Mais lui ne rêvait plus du tout. Persuadé de ne pas être à la hauteur du monde dans lequel il voulait rentrer, il venait de décider de tout faire, désormais, pour s'intégrer et être accepté par ce beau petit monde...

A suivre...

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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 16:41




Dès qu'il ouvrit la porte, il vit une horde de journalistes derrière le cordon de sécurité humain installé à la hâte par des gardes du corps affolés prêts à se lancer sur lui pour le protéger.  Résigné, il jeta un œil sur les journalistes sans dire un mot puis  se dépêcha de monter dans sa voiture.  Puis il quitta la ville. 

Le lendemain, assis à sa table de jardin dans sa maison de campagne, le pape découvrit, effaré, le contenu des journaux. Ceux-ci titraient : « Le pape a disparu », «Le Président de la république se décide à s'exprimer », «Le peuple veut des explications »... Il prit dans ses mains le deuxième article, paru dans un quotidien français, et le parcourut :

« Le chef d'état s'est enfin exprimé. Malheureusement, il laisse nos concitoyens face à eux même. En effet, si ses explications n'ont convaincu personne elles montrent aussi la puissance de l'omerta, devenue un mode de pensée exclusif propre, visiblement, à tous les plus grands pays. Car, à cette heure aucun dirigeant n'a pu apporter quelque lumière sur les évènements d'hier. Cette allocution est un échec qui n'a contribué qu'à empirer la colère de la rue. Une fois sa déclaration terminée, le président a regagné sa voiture sous les sifflets de la foule ».

Une fois à l'abri, dans sa Peugeot 607, le chef de l'état offrit à ses conseiller une allocution moins édulcorée et plus beaucoup plus personnelle : 

« Quelle bande de crétin ! Qu'est-ce que ça peut leur foutre que le pape autorise le port des préservatifs ! Je savais qu'ils étaient cons, Moussard m'avait prévenu mais à ce point là c'est pas possible ! !  Ces vieilles rombières, qui dirigent leurs associations, elles sont en train de nous mettre le bordel dans le pays ! Et personne ne réagit ! Ils suivent ! Les journaux suivent, les syndicats suivent, les chefs d'état suivent. Ils crient au scandale mais ils ne savent même pas pourquoi ! »

Et pourtant, si les syndicats  suivaient en se joignant au mouvement des associations  Défense de la Nation ou Les Mères françaises, c'était bien à contrecœur. Mais, ils devaient fait leur travail : ils avaient écoutés la colère de ceux qui ne faisait que subir les conséquences des évènements. Car,  hier, quelques minutes après l'annonce de la déclaration du pape, les actions des plus grandes entreprises américaines avaient commencés par légèrement faiblir pour finalement atteindre une chute record en fin de soirée. Le pays, très pieux ne parvenait pas à se relever de ce coup de poignard dans le dos des plus fervents amateurs du God bless you.  S'ensuivit, le lendemain matin, à la première heure un monumental crash boursier qui influa immédiatement et notablement sur le cours du brut. 

Les premiers français qui se levèrent ce matin là comprirent qu'il valait mieux se rendre au plus vite à la première pompe à essence disponible. Dans l'après midi furent annoncées les premières pénuries. Et le soir les transports, bus, camions, chemins de fer firent part aux micros des journaux télévisés de leur ras le bol. Ce qui laissait entrevoir une  grève imminente et d'ampleur nationale voire européenne. Les plus optimistes pensaient bien que le conflit ne durerait pas. Mais c'était sans compter les plus révoltés, ceux qui n'attendaient qu'une étincelle, ceux qui n'avaient plus rien à perdre....   

Huit jours plus tard, le conflit n'était toujours pas résolu et le pape n'avait pas reparu. Toute l'Europe fut paralysée. Les chefs d'Etats tentèrent de faire retomber le soufflet en proposant un budget plus conséquent alloué aux transports, à la lutte contre le vandalisme, à la ligue pour le droit à l'avortement ou contre l'avortement aussi d'ailleurs. Mais dès que l'un d'eux parvenait à calmer la population, les citoyens d'un autre pays provoquaient ceux d'à coté. Bref, tous les jours, on entendait à la radio des français ou des étrangers se moquer ou conspuer le pays voisin qui se demandait s'il n'allait pas quand même se remettre au travail.

Finalement, toute l'Europe ainsi que le continent américain se retrouvèrent plongés dans le cahot le plus total sans savoir pourquoi. Les gens stockaient du sucre, l'essence était volée la nuit mais personne n'osait sortir sa voiture de peur de passer pour un privilégié qui aurait accès à des réservoirs  d'essence d'où le précieux liquide coulerait  à flot.

 Puis vint la période des élections mais personne ne voulut se présenter. Ni dans notre pays ni ailleurs. Alors, des groupes liés aux mafias locales, tentèrent de se présenter comme les sauveurs. Il fallait juste leur faire confiance...

 Et le monde était toujours sans nouvelles du pape. Pourtant il coulait des jours heureux dans un petit coin reculé de notre belle campagne. En Ardèche plus précisément. Dans un petit village de 110 âmes. Un peu avant sa fuite il avait acheté un petit mas en pierre agrémenté d'un jardin, d'un potager et d'une roseraie. Son conseiller était le seul à être dans la confidence. Il passait le voir, de temps en temps et en famille pour ne pas éveiller de soupçons.

« Vous ne m'ôterez pas de la tète, Monseigneur, qu'il est curieux, quand même, que vous ayez acheté cette maison quelques jours seulement avant les évènements... 

-Très bien, très bien, vous voulez savoir... Vous voulez la vérité... Mais pour quoi faire, à quoi vous servira-t-elle ?

-Vous l'avez dit, Monseigneur : juste pour savoir. Une histoire de confiance ou de conscience... Vous me devez bien ça. Et de mon coté, je vous offre la possibilité de libérer la votre par la même occasion. Regardez dans quel état est l'Europe à présent... Tout ça pour une phrase et quelle phrase ! Si c'est ce que je pense vous avez fait très fort. Mais ce qui m'intrigue le plus c'est pourquoi ? Quelles raisons peuvent valoir la peine de plonger le monde dans le chaos ? »

Le pape, vêtu ce jour là d'un pantalon beige, d'une chemise à carreau et d'un chapeau en paille se tenait assis face à une table de jardin. Un parasol l'abritait des premiers rayons de soleil. Il but une gorgée de son café au lait puis tira sa chaise afin de s'approcher de son conseiller.

« D'abord, je n'avais pas l'intention de plonger notre monde dans ce chaos, comme vous dites. Ensuite, vous voulez savoir... Est-ce que vous êtes bien sur que vous pourrez savoir et ne rien dire ? Parfois ne pas savoir est plus simple... Vous n'auriez pas ce poids à porter. On va encore vous interroger, vous aurez envie de parlez mais vous ne pourrez pas. Vous serez condamné au silence dans le seul but de me protéger... Et si vous jugez que ces raisons ne sont pas bonnes que ferez-vous ?

-Je vous connais depuis vingt ans, Monseigneur. Nous nous connaissons bien. Vous savez, je pense, que je suis digne de confiance et moi je sais que je ne suis pas seulement votre conseiller mais aussi, il me semble, un peu votre ami... Je me trompe ? »

Le pape, un peu inquiet de savoir qu'il allait enfin devoir s'expliquer, et par là même être jugé pour la première fois par un homme, se contenta d'opiner du chef.

- Alors, continua le conseiller, en tant qu'ami, vous me devez, je crois, la vérité...

- Très bien... Je vais être père, mon ami... Un enfant illégitime mais que j'aime déjà plus que tout... C'est étrange comme sentiment... Je me suis posé beaucoup de questions et j'ai changé d'avis, en quelques jours, sur bien des choses... Quand j'ai prononcé cette phrase, qu'encore aujourd'hui je ne regrette pas, J'ai pensé à mon enfant, à ses futurs amis, à sa vie. J'ai voulu le protéger. Ce n'était pas les paroles de Dieu qui juge mais celui d'un homme qui aime. Aujourd'hui je suis un autre. Aujourd'hui je ne suis plus religieux, je ne suis même plus homme, je suis père.

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 15:22




Il n'ya pas si longtemps, un évènement majeur secoua le monde. Une phrase. Une phrase qui déclencha le plus grand chaos...

Alors que le monde, sujet à de nombreuses tensions liées notamment au prix du pétrole et aux religions qui ne parvenaient pas à trouver un terrain d'entente, espérait ne plus jamais connaître la guerre, alors que tous ceux qui jouaient un rôle majeur dans les grandes décisions prises chaque jour sur notre bonne vieille terre tentaient de jouer les médiateurs entre des pays prêts à se déchirer, une étincelle enflamma les esprits et donna l'occasion à de multiples rancœurs internationales de s'exprimer.

C'est à ce moment là qu'un beau matin de printemps une dépêche tomba :

« Le pape reconnaît l'intérêt du préservatif et préconise son utilisation lorsque cela s'avère nécessaire. » Ces quelques mots mirent toutes les rédactions de tous les pays en émois. Car les journalistes estimèrent que ce n'était vraiment pas le bon moment pour remettre en causes les bases du catholicisme alors que le monde était déjà en équilibre précaire et les peuples fragilisés prêts à s'enflammer à la première occasion. Ils redoutaient l'étincelle, le prétexte qui déclencherait le soulèvement général. Ils le savaient, l'histoire l'avait souvent montré, les plus petits incidents avaient provoqués les plus grandes révolutions.

Quoi, mais quel mouche l'avait piqué, ce pape ? Cette phrase. Maintenant... Ce fut la goutte d'eau. Les rédactions se rendirent vite compte de l'enjeu. Bientôt cette phrase fut lancée, telle une bombe à travers toute la planète. Répétée, serinée toute la journée, inlassablement sur chaque chaine, chaque radio, chaque journaux. Sur l'écran des télévisions, on pouvait voir défiler ces quelques mots : Le pape dit oui au préservatif. Les journalistes savaient que cette information toucherait la foule. Il suffisait de se rappeler des rassemblements sur la place Saint Pierre le jour de l'avènement de Benoit XVII ou lors des Journées Mondiales de la Jeunesse...  Quant à en connaître les conséquences... Ils naviguaient à vue mais n'ayant rien d'autre à se mettre sous la dent, ils espéraient créer quelque chose. Chose encore floue dans leur esprit mais qu'ils pressentaient pourtant. Ils flairaient le coup et attendaient avec impatience de savoir s'ils avaient raison, si les gens réagiraient. N'ayant aucune image, les journalistes se contentèrent d'illustrer le sujets avec des images d'archives piochées ici et là créant ainsi un étrange mélange entre le monde d'avant, sa quiétude, ses valeurs et le nouveau, celui que chaque téléspectateur découvrait en direct. Et ils réagirent. Les gens, dans la rue, ne parlaient que de ça. On vit beaucoup de réactions spontanées, des rassemblements improvisés  sur les places de village ou de cités.

S'ensuivirent les réactions des hommes politiques secondaires, les plus importants étant occupés à préparer leurs discours, leurs réactions. La plupart se demandait comment ils allaient bien pouvoir réagir à ce revirement. Les chefs d'état des plus grands pays auraient du être heureux de cette évolution qui allait dans le bon sens, qui allait sauver plusieurs milliers de vies, mais, au fond d'eux, ils redoutaient le pire...

Et les journaux, très vite, enchainèrent. Eux aussi connaissaient la suite.  

« Le pape a-t-il conscience de son geste ? » Ou « L'avenir du Vatican est-il menacé ? » Ou bien encore « Comment le pape va-t-il gérer le séisme provoqué par ses paroles ? »

Justement, le pape, le voilà, il est là, à la fenêtre de son vaste appartement. Et il dit à son conseiller en communication :

« Mais qui a dit ça?

-Quelqu'un qui vous voulait du mal, Monseigneur.

-Oui, ça, peut-être, énonça-t-il lentement, en prenant, comme toujours, son temps. Et il ajouta : Alors, j'ai tant d'influence que cela ? »

Immobile, face à la fenêtre de son bureau, le regard fixe, pensif, il resta longtemps, immobile, à observer la grande place vide.

Bientôt, des rumeurs circulèrent dans la rue, au café, dans les magasins,  sur Internet... Le pape est mort, c'est un sosie. Il est atteint du sida, c'est pour ça qu'il veut qu'on mette des capotes. Et c'est ainsi que la voix du peuple répondit, gigantesque écho, aux  rengaines incessantes de tous les médias dans une cacophonie mémorable. 

« Est-ce que vous pensez que je dois intervenir, demanda le pape à son conseiller ? 

-Il est déjà trop tard. Vous le savez bien...Depuis l'instant même ou vous avez appris ce que vous étiez censé avoir dit. Et vous démentiriez ? A quoi bon. Vous pensez vraiment qu'on vous écouterait,  qu'on vous croirait. Non, ces paroles n'ont pas été les vôtres mais elles le sont devenues. »

Le pape ne répondit pas. Il savait trop bien à quel point son conseiller avait raison. Dorénavant,  impuissant, il ne pouvait qu'observer les conséquences dévastatrices de ses paroles.  

Son avenir de pape était brisé. Il prépara ses bagages. Une longue route l'attendait.  

Suite et fin dans quelques jours...

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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 15:21

 

 

Jean, célibataire, sans enfants, avait mal au ventre. Il se rendit chez son médecin. Celui-ci lui diagnostiqua un cancer des os généralisé:

"Difficile de vous donner un temps précis. Je dirais entre un an et cinq ans. Tout dépend du sérieux avec lequel vous prenez votre traitement. Vous me demandez la vérité, je vous la donne. N'espérez pas des miracles... La médecine fait ce qu'elle peut. Hélas, pour vous elle ne peut rien. Vous etes condamné."

-Entre un et cinq ans... C'est peu. J'ai mis trente ans à sortir du ventre de ma mère et cinq autres petites années pour apprendre à balbutier quelques mots. Je suis seul et au chômage. J'ai l'impression de ne pas avoir encore commencé à vivre. Alors cinq ans... " Jean repartit sonné de chez le médecin avec, à la main, une longue ordonnance. Il passa donc par la pharmacie, rentra chez lui puis s'effondra sur son lit pour réfléchir. Allait-il se soigner ? Cela en valait-il vraiment le coup? Les deux dates que lui avait donné l'homme tout à l'heure valsaient dans sa tête. Il lui avait dit que s'il se soignait il gagnerait certainement le double de temps. Mais le double de un an ça ne faisait pas beaucoup...Qu'avait-il à perdre ? Alors, comme la plupart de ceux qui se savent condamnés, il en profita. Mais non sans se soigner. Ainsi il pouvait jouir de la vie en ayant bonne conscience. Il commença donc par se rendre au tabac pour acheter une cartouche de cigarette. Les messages sur les paquets ? Ca le faisait rire. Le prix ? De toute façon, en cinq ans, il n'aurait jamais le temps de dilapider tout son argent. Et n'ayant pas d'enfants... Il s'autorisa tout ce que le bon sens commun interdit. Il n'hésitait pas à franchir les limitations de vitesse, s'offrait une femme presque tous les soirs, sortait en boites et offrait régulièrement sa tournée de champagne. Si bien qu'il finit par devenir une célébrité locale puis nationale. Ses frasques amusaient et faisaient rêver tous ceux qui ne pouvaient pas se les permettre.  Les jeunes dans la rue disaient : Tu fais ton Jeannot...  Tout le monde enviait cette invincibilité qu'il avait développée : il ne craignait plus rien. Ni les Hommes ni la mort. Malgré toutes les factures, les contraventions et autres procès, il devint encore plus riche. Il prit confiance en lui, dans l'idée qu'il était bénit de dieux, il écrivit des livres : l'un racontait son histoire, l'autre expliquait comment  devenir très riche en peu de temps. Il investit les bénéfices tiré de l'immense succès de ses œuvres dans la pierre. Il commença par acheter un immeuble dans le sud de la France puis il s'expatria et construisit des buildings dans des pays en voie de développement. C'est d'ailleurs à Zanzibar qu'il rencontra la femme de sa vie. Elle lui fit trois magnifiques enfants. Il choisit alors de s'installer là bas, en famille dans une immense villa qui ressemblait plus à un palais qu'à une maison. Pourtant il n'avait de cesse de retarder son départ. Car il savait qu'avant de partir il devait retourner voir son médecin. Jusqu'ici sa maladie avait su se faire oublier. Il avait bien eu quelques douleur à certains moments de sa vie mais rien qui puisse nécessiter de voir un docteur. Sa femme dut le trainer jusqu'au cabinet tant il redoutait de voir la réalité en face. Tout ça pour rien. Il connaissait enfin gloire et fortune. Sans avoir eu le temps d'en profiter il devrait tout abandonner. Et quand il arriva finalement dans le cabinet du docteur il n'était plus que l'ombre de lui-même, résigné à mourir.

« Monsieur Dieuleveux, je vous attendais depuis longtemps...Eh bien, ça n'a pas l'air d'être la grande forme...Pourtant vous êtes riche maintenant : vous en avez fait du chemin depuis qu'on s'est vu !  Votre cancer généralisé aurait-il évolué ?

-Je ne sais pas, docteur. C'est possible parce que depuis quelques jours j'ai des nausées. Des migraines aussi...

-Je vais vous examiner. On va voir ça.

Jean s'allongea sur la table d'auscultation tout en toussant. Il se sentait d'un coup très fatigué, presque en bout de course.

« Très bien. Venez-vous assoir. Il faut qu'on parle.

-Oui docteur ».

Jean avais désormais du mal à articuler. Il se sentait comme un petit garçon qui aurait du mal à écouter la dure vérité. Le docteur, en face de lui, l'observa un instant, une éternité pour Jean, puis il prit la parole :

« Vous avez un petit rhume. Un tout petit rhume. C'est tout. Vous avez, sans le savoir, participé à une expérience scientifique. Un groupe de chercheurs se demandait quelle influence pouvait avoir la maladie sur l'état psychologique des Hommes. J'en avais parlé à votre mère qui s'inquiétait pour vous. Trente ans, pas de boulot, pas de femmes, pas de vie. Elle s'est dite très intéressée. Et quand elle est revenue, quinze jours plus tard, elle m'a demandé de lui en reparler. Et elle m'a demandé de vous porter volontaire. La déontologie ne défendait de vous faire participer à cette étude. Mais la soif de connaissance et l'état psychologique qui était le votre à ce moment là m'ont poussé à accepter sa proposition. Le docteur inspira une grande bouffée d'air puis ajouta : « Jean, vous n'êtes pas malade et vous ne l'avez jamais été. Mais ou en seriez vous si nous ne vous étiez pas cru condamné ? Auriez vous fait tout ça ?»

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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 15:54

 

Une petite histoire écrite sur un coup de tête...

 

Monsieur Billancourt, médecin, laissa son téléphone portable à sa femme. Il n'en avait plus besoin. En effet, son cabinet ouvert l'année d'avant connaissant un chiffre d'affaire florissant, il s'en était offert un neuf spécialement dédié à son activité professionnelle. Il était d'ailleurs tenté de s'en acheter un autre pour ses activités extra-professionnelles. Il se tâtait... En revanche, sa femme ne supportait pas les téléphones. Elle se pressa donc de mettre celui de son mari dans un tiroir de sa table de nuit. Mais, très tôt, le matin, il sonna. Alors elle le casa dans un vieux placard de la salle à manger. Mais il sonnait toujours à l'heure du repas. Epuisant! Excédé, un soir, elle se rendit sur le balcon et tenta de le jeter par la fenêtre. Peine perdue : son mari, qui rentrait du travail, le rattrapait au vol. Un vol plané de cinq étages quand même. Un véritable exploit qu'il ne put dorénavant s'empêcher de raconter à chaque repas familial. Sa femme, au bord de la crise de nerf, décida donc de se débarrasser une fois pour toute de l'engin. Sans remord, avec même un plaisir certain, elle le laissa tomber dans le tambour de la machine à laver. Et elle s'assura que la machine démarre. Pendant quelques minutes encore elle le regarda tourner. Puis, enfin heureuse, elle retourna vaquer à ses occupations quotidiennes. Le soir venu, le mari fut catastrophé : le beau téléphone qu'il était parvenu à rattraper du cinquième étage alors que ça femme avait buté sur un jouet (c'est, en substance, ce qu'elle lui avait raconté) ! Il fut très déçu de ne plus pouvoir l'appeler, prendre de ses nouvelles,l ui demander un petit service ou ne serait-ce que savoir qui avait essayer de le joindre à son ancien numéro... Sa femme eut du mal à contenir le fou rire nerveux qui montait en elle. Elle se surprit d'ailleurs, pendant un cours instant à penser qu'elle eut pu faire de même avec son mari... Culpabilisée, elle parvint à se concentrer sur la mine déconfite qu'elle se devait d'avoir en ce douloureux moment. Elle dut parvenir à donner le change car quelques jours plus tard, alors qu'elle pensait avoir définitivement retrouvé sa tranquillité, son mari revint du travail avec une très bonne nouvelle : "Je t'en ai acheté un autre, un GSM tribande! Tu es contente chérie?" Sa femme accusa le coup et les sonneries recommencèrent à ponctuer ses journées. Elle pensa que, s'il se mettait à remplacer tous les téléphones qui disparaissaient, il faudrait être plus rusé. Par exemple trouver une bonne raison pour qu'elle n'ait plus de téléphone entre les mains... C'est ainsi qu'un soir, en un coup de fil, elle détruisit la carrière et la réputation de son mari :

"Allo, oui vous êtes bien chez M. Billancourt. Je suis sa femme, enfin, c'est ce qu'on dit. En ce moment, il est chez sa deuxième... Sa deuxième femme. Moi, je l'appelle sa pute. Vous appelez ça comment, vous, une femme qui se fait payer, qui accepte tout? Par exemple, tenez, le téléphone, celui avec lequel je vous parle, quand je ne suis pas là, vous savez où elle se le met? ..."

L'homme raccrocha aussi sec, la femme se débarrassa définitivement de ce téléphone et récupéra, à la place, son mari.  Mais, désormais au chômage, il commença très vite à lui taper sur les nerfs, à l'appeler à n'importe quel moment. .. Allez savoir quel sort elle lui réserva...

 

 

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