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L'ombre D'au Clair

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Au clair de la lyre

   

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"Votre âme est un paysage choisi

Que vont charmant masques et bergamasques

Jouant du luth et dansant et quasi

Tristes sous leurs déguisements fantasques"


 

Paul Verlaine, Fêtes galantes.   

   

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               Bienvenue dans ce refuge littéraire,
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               Des auteurs, des chanteurs ou tous autres écrivains…
               Tu te trouves, ici, dans le coeur
               De ceux qui aiment, de ceux qui vivent
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               Un monde onirique, imaginaire, fantasmé
               Un espace crée pour continuer de rêver…

                                                

27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 20:19
Le faucon, le loup et le chat... Partie 3

Véronique avait chaque jour plus de mal à imaginer comment elle annoncerait la vérité à Francis. Il voulait donc un garçon, il aurait un garçon. Mais il fallait agir. Et vite. Au cas où… Il fallait aussi être efficace : un moindre effort pour un résultat grandiose. Elle pensa ainsi à échanger les bébés à la maternité-mais aujourd’hui ce n’était pas évident du tout- ou bien faire comme avec l’autre, l’abandonner puis le déclarer mort des suites d’une longue maladie. Ça, ça avait bien marché. Mais, non, celui-là, elle en voulait. Elle avait le père, elle voulait l’enfant qui allait avec, véritable passeport pour une vie bien rangée et prometteuse, une vie de confort, de bien-être. Perchée sur les hauteurs d'une colline à se prélasser, au-dessus de ses femmes qui ruinent leur santé à travailler pour quelques euros qui permettront à peine à payer le loyer de leur petit F2 située dans une misérable banlieue. La vie était si simple : nul besoin d'aventures, il fallait juste, du haut d'un arbre perché, attraper le nigaud qui passait par le chemin. Mais elle ne devait pas se tromper, d'autant plus qu’elle savait qu’après deux enfants elle aurait du mal à garder sa taille de guêpe encore très longtemps. Non, cette fois-ci, il fallait aller jusqu’au bout. Alors il allait bien falloir réussir à l’échanger. Elle profita donc de sa visite de la maternité pour repérer les différents points de passage et les endroits plus tranquilles avec beaucoup de bébés et peu d’adultes. Un instant suffirait si elle traînait au bon endroit au bon moment. Mais la seule pièce qui paraissait convenir, et qui lui parût même idéal pour ce qu’elle voulait faire, était la salle de néonatalogie, là où les bébés restaient de longues heures dans leur couveuse à attendre papa, maman. Il fallait donc qu’elle accouche un peu plus tôt que prévu. Mais ça ne suffisait pas : personne ne devait s’en rendre compte. Insomniaque, elle passa donc les nuits suivantes à échafauder divers plans afin de pouvoir échanger discrètement on bébé. La première nuit, elle tourna le problème dans tous les sens : comment échanger une fille avec un garçon sans que la mère et son entourage s’en aperçoive ? La deuxième nuit, elle pensa que le mieux était encore de connaître avant d’accoucher la mère de l’enfant qui serait échangé. Cette femme devrait accoucher prématurément et sous anesthésie générale. Mais où trouver cette perle rare ? La troisième nuit, elle se connecta à Internet et posta un message sur un forum pour femmes enceinte : « Salut à toutes. Je dois accoucher au mois de février. Je cherche d’autres femmes qui accoucheront au même moment pour partager ces moments heureux, s’échanger les bons tuyaux, se confier nos problèmes. Je préfèrerais quelqu’un qui a une grossesse compliqué et qui accouche prématurément, comme moi. A bientôt. Bises à toutes. » La nuit suivante, elle retourna devant son ordinateur. Elle découvrit avec plaisir que vingt-deux femmes avaient mordu à l’hameçon en lui proposant de partager leur expérience. Elle effectua un premier tri en enlevant celle qui n’avaient que des problèmes de santé mineures, celles qui semblaient un peu trop curieuse et celles qui paraissaient un peu trop intelligente pour le rôle. Il restait six femmes. A chacune d’entre elles, elle envoya un message privé. A quelques mots près, à quelques jours près, le même.

« Salut Sylvie124, Bullette, Matynet, Charlèmy,Charlotte82, JeanneTo. Ton message m’a beaucoup touché. Tu as l’air de vivre de moments difficiles. Je comprends ton inquiétude et ta douleur de devoir accoucher si tôt. Quand on porte un être si petit dans son ventre, on voudrait que tout soit parfait pour l’accueillir. Malheureusement tout ne va pas toujours comme on le voudrait. Moi-même, mon petit bébé, mon fils unique, est mort quelques jours seulement après sa naissance, il y a quelques années : aucun mot ne peut exprimer la douleur qu'une mère peut éprouver dans ces moments-là... Et je m’inquiète beaucoup aussi. Je vais devoir accoucher à sept (six et demi pour Bullette et JeanneTo) mois de grossesse environ, comme toi. Par contre, je pense que je pourrais accoucher normalement, c’est déjà ça ! Et toi ? Si ça se trouve on sera à l’hôpital au même moment ! (Et pour Charlotte uniquement) Mais quand tu dis que c’est difficile d’être enceinte quand le papa n’est pas là, je ne suis pas d’accord avec toi. Mon copain, lui, j’aimerais bien qu’il soit un peu moins sur mon dos : au lieu de me rassurer, il m’inquiète. Et puis, rassure-toi, tu as trouvé quelqu’un qui sera t’écouter. Je serais là pour toi et n’hésite pas à m’envoyer des mails. Je te fais de gros bisous. A bientôt. Véro. »

Puis, selon les réponses elle écrémait. Une n’avait pas répondu. Une autre ne voulait que des messages postés sur le forum. Enfin, seules Charlémy et Charlotte82 devaient accoucher par anesthésie générale. Elle choisit finalement Charlotte qui paraissait beaucoup plus naïve. Et resta également en contact avec Matynet qui ne répondait pas aux critères de sélection de Charlotte mais était devenue une amie et confidente au fil des mails échangés.

« Coucou Charlotte. J’ai lu tout à l’heure ton dernier mail. J’ai vu que tu voulais un garçon. C’est vrai que c’est bien les p’tits gars : ça court partout, ça te mets de l’animation dans la maison, c’est moins compliqué que les filles mais bon, est-ce que tu ne risques pas d’être déçu si on t’annonce que c’est une fille ? Le mieux c’est peut-être de ne pas savoir… Comme ça, tu seras tellement heureuse en voyant ton bébé pour la première fois que tu ne seras pas déçu si c’est une fille. D’ailleurs, moi, j’adorerai avoir une fille. Ce sont de vraies poupées ! Tu peux leur mettre de belle petites robes, les coiffer et puis elles sont plus calmes aussi… Crois-moi, les garçons, il n'y a rien de pire : le mien m'a fait vivre un enfer! Tu veux l’appeler comment si c’est un garçon ? Et si jamais c’est une fille ? Le mien, je vais l’appeler Charlie que ce soit un garçon ou une fille. Tu vois, je préfère ne pas savoir moi non plus. Au fait, tu ne m’as pas dit : tu es d’où ? Je dois te laisser. J’espère que ton enfant se porte bien et si tu as des soucis, n’hésite pas à m’en parler…»

« Chère Charlotte, Comment tu vas ? J’espère que ton bidon enfle bien. Sept mois déjà ! Le mien pour l’instant a l’air de vouloir rester bien au chaud dans le ventre de sa maman… Mais, à mon avis, ça ne va pas durer. Mon gynéco pense que d’ici quinze jours il pourrait avoir envie de sortir. On verra bien. Et toi, tu me parlais de tiraillement et de contractions ? Ça pourrait être pour bientôt alors ? Dis, tu n’oublies pas surtout de me prévenir si bébé veut montrer le bout de son nez ! D’autant que j’ai réalisé qu’on habitait le même coin. Moi aussi j’habite la région toulousaine. Peut-être qu’on se verra à l’hôpital alors : tu dois aller à Purpan toi aussi ? »

Au sixième mois de grossesse, elle visita la maternité de Purpan. Elle expliqua à Francis qu’elle devait se rendre au chevet d’une vieille amie malade qui habitait Blagnac. Elle se rendit ensuite à la gare et attrapa le train de 8h45. A 11h02 le train rentrait en gare de Toulouse. Une fois sur place, elle prit un taxi jusqu’à Blagnac, choisit un bel immeuble qui pouvait passer inaperçu au milieu des autres, nota l’adresse puis déambula autour afin de mémoriser l’environnement. Ensuite, elle rappela un taxi, se rendit à l’hôpital et avala un sandwich dans la cafétéria de l’établissement. Après s’être restauré, elle acheta une peluche puis, sa petite girafe sous le bras, elle se promena dans les couloirs de la maternité. Elle repéra les chambres, s’approcha du service de néonatalogie, observa les familles à la recherche du nouveau bébé. Elle continua de parcourir les couloirs à la recherche du bloc obstétrical. Arrivé devant une porte fermé sur laquelle on pouvait lire « INTERDIT D’ENTRER. VEUILLEZ SONNER SVP » Elle sonna. Une sage-femme vint ouvrir et lui demanda ce qu’elle voulait. Elle lui répondit que sa sœur venait d’accoucher et qu’elle souhaitait l’accompagner durant l’accouchement puisque son mari n’avait pas pu venir. L’infirmière l’invita à entrer. Véronique observa les lieux le mieux possible afin de mémoriser le plus d’éléments possible. A gauche une salle de naissance puis des pièces en enfilades, certainement les mêmes… Soudain, elle entendit une voix qui la déconcentra :

« Comment s’appelle votre sœur madame, s’il vous plait?

— Euh, Annie. Annie Levassec.

— Et elle est arrivé il y’a longtemps ?

— Je ne sais pas…

— Bon, je vais voir et je reviens. »

Mais au retour de celle-ci, Véronique avait déjà disparu. La sage-femme regarda autour d’elle, ouvrit la porte pour voir si cette femme n’était pas ressortie attendre dehors mais elle ne trouva personne. Véronique, pourtant, n’était pas loin. Cachée derrière la porte de la deuxième salle de naissance elle se garda bien de ne faire aucun bruit ou mouvement qui auraient pu la trahir. Puis, quand le calme revint, elle fit quelques pas silencieux vers la console située devant elle. Silencieusement elle fouilla quelques minutes avant qu’un large sourire, qui indiquait qu’elle avait enfin trouvé ce qu’elle cherchait, ne surgisse sur son visage : elle avait trouvé les bracelets de naissance.

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